Soyez bon. Juste suffisamment bon

L’ambition est précieuse et importante pour nous tous, mais à un moment donné, elle peut aussi être une source de graves problèmes et de stress important. La mode du perfectionnisme, alimentée par les réseaux sociaux, est l’une des causes des taux croissants de dépression, de dépressions nerveuses, d’anxiété et de troubles émotionnels. C’est pourquoi nous vous encourageons à changer de perspective et d’attitude, car pour être heureux, il suffit juste d’être « suffisamment » bon.

 

Le juge le plus sévère

 

L’une des méthodes pour freiner ses tendances perfectionnistes a été évoquée dans les travaux du psychanalyste britannique Donald Winnicott. Dans les années 1950, il s’est concentré sur l’étude des relations familiales. De son propre aveu, au cours de ses nombreuses années de pratique, il a souvent rencontré des parents qui ressentaient un sentiment d’échec lorsque leurs enfants n’entraient pas dans une bonne école, avaient de moins bons résultats que leurs camarades ou lorsque des disputes éclataient entre eux.

Winnicott a constaté que la source de la déception et de la souffrance qui y est associée pour de nombreux parents est un espoir et des attentes exagérés. Il a vu une opportunité de combattre le perfectionnisme destructeur dans l’attitude « juste suffisamment bonne ». Aucun enfant, a-t-il expliqué, n’a besoin d’un parent parfait. Ce dont les enfants ont besoin, c’est d’un bon père ou d’une bonne mère, avec des comportements convenables, des parents bien intentionnés, parfois grincheux, mais raisonnables. Winnicott a également affirmé que la capacité à ne pas nous juger négativement lorsque nous échouons garantit notre santé mentale. Malgré les apparences, ce n’est pas si simple ! Ses recherches ont montré que chaque fois que nous rencontrons des difficultés ou des échecs, nos juges les plus sévères ce sont nous-mêmes.

 

Le piège doré

 

Le concept du « juste suffisamment bon » est apparu comme une échappatoire aux idéaux dangereux qui accompagnent non seulement la parentalité, mais se traduisent aussi dans notre relation de couple ou dans notre satisfaction au travail. Cependant, la situation est un peu plus compliquée à l’ère des réseaux sociaux, où l’on peut par exemple voir certains gestes romantiques hors du commun comme une centaine de roses rouges envoyées par la poste ou des fiançailles dans un hélicoptère survolant Miami. Comment être à la hauteur de ces images ? Lâchez prise ! Une relation peut être passionnée et satisfaisante sans extras spectaculaires, et le travail peut être une source de fierté, même si vous ne jouez pas au baby-foot pendant votre pause déjeuner. Il faut juste que ce soit suffisamment bien !

Qu’est-ce que cela signifie réellement ? Avant tout, cela ralentit la poursuite d’objectifs qui ne garantissent en rien notre bonheur. Lorsque nous sommes sur internet, nous sommes bien entendu toujours les plus rapides, les plus beaux et les plus brillants… ou du moins nous faisons tout ce que nous pouvons pour paraître ainsi. La clé est ce qui NOUS apporte de la joie et du bonheur, même si c’est du café instantané au lieu d’un café latte top classe avec l’image d’un chat dessiné sur la mousse.

 

Que faire pour être suffisamment bon ?

 

– Donnez-vous le temps de faire des changements, ne choisissez pas un régime draconien ou n’essayez pas soudainement de faire de l’exercice cinq fois par semaine.

– Reconnaissez et célébrez vos petits succès.

– Écoutez vos besoins réels, demandez-vous ce qui vous rend vraiment heureux.

– Gardez vos distances par rapport au contenu des réseaux sociaux.

– Prenez soin de votre sommeil et dormez suffisamment au lieu de faire défiler sans fin le contenu de votre téléphone.

– Faites-vous plaisir – craquez de temps en temps pour votre brownie préféré ou pour un café au caramel si vous en avez envie.

– Analysez vos échecs, mais ne vous attardez pas sur eux.

– Donnez-vous le droit, à vous et aux autres, d’avoir des mauvais jours et des émotions complexes.